
Date de Sortie : Octobre 2008
Label : Guerrila Funk Records
Cinq ans après le très bon Sonic Jihad, Paris est de retour pour nous avec toujours les mêmes convictions politiques. Cet album arrive juste au bon moment (façon de parler), puisque comme tout le monde le sait la crise économique a frappé la majorité des pays occidentaux, mais surtout les États-Unis où en plus du chômage, la violence et le taux de criminalité ne cessent d'augmenter, ces mêmes Etats-Unis qui viennent aussi de connaître un moment historique puisque pour la première fois un Afro-américain (enfin, métisse comme ça y’a pas de jaloux), Barack Obama, accède à la présidence. Toutes ces années de lutte contre le racisme, combat mené par N.W.A, Public Enemy ou Paris, entre autres (pour le Hip Hop) auront bien servi à faire changer les mentalités. Certes, le problème subsiste toujours... mais bon, c'est un début.
Revenons à nos moutons, cet album, c’est du pur Paris, inutile de chercher plus loin. Vous aimez son flow ? Vous aimez ses productions ? Vous aimez ses lyrics de militant agréé ? Alors, cet album est fait pour vous. La jaquette est très évocatrice, puisque l’on voit l’Oncle Sam tenir dans sa main un enfant noir avec une grenade dans la main, mais est-ce vraiment étonnant venant de Paris ? Don’t Stop The Movement, le premier titre de l’album, mais aussi le premier single, nous met déjà dans l’ambiance. Paris y est accompagné de son protégé T-K.A.S.H. (signé chez Guerrilla Funk Records).
Sur le titre éponyme de l’album Acid Reflex, P-Dog nous parle de la discrimination, des années Bush, fait des clins d’œil aux grands politiciens noirs, tels que Martin Luther King, et nous reparle des tragédies qui ont frappé les États-Unis comme Columbine, les catastrophes naturelles : la tempête Katrina qui a touché la Nouvelle-Orléans, mais aussi le problème du Darfour, les bavures policières, comme pour le jeune Sean Bell qui s’est fait tirer dessus une trentaine de balles dans le corps et dénonce le gouvernement, le morceau finissant par un discours de Malcolm X : « Black revolution requires bloodshed" speech » (trad : La Black Revolution exige l’effusion de sang). Chuck D sur le titre Winter In America accompagne Paris pour parler de la censure des médias auprès des Afro-américains et de la liberté.
So What est sûrement le titre le plus marquant. Paris y met en chanson trois scènes. La première est celle d’une bavure policière sur une grand-mère devant ses petits-enfants, la deuxième celle d’une mère se prostituant avec l’assistant social pour continuer à avoir la garde de ses enfants et la troisième parlant d’un jeune homme envoyé en Irak. Ces situations existent dans certaines des familles américaines les plus démunies. La track Get Fired Up est une sorte de retour aux sources, c’est sur cette track que P-Dog remet les choses à leur place et dénonce le rap bling bling.
Et que dire de The Trap, hormis le fait que c’est du 100 % Paris, du 100 % dénonciation contre la politique américaine, c’est l’une des spécialités de Paris le Politician Rap (pour ceux qui ne le sauraient pas encore), bien sûr qu’il n’est pas l’un des meilleurs rappeurs au niveau de la technique ou autre, mais dans ce qu’il fait, il est l’un des pionniers. Quant aux autres morceaux, ils sont à peu près de la même trempe que ce dernier, mais ce que l’on peut remarquer sur cet album c’est le fait que le P-Dog est toujours aussi fort à la production et a gardé cette vibe assez funky qui définit bien la West. Et tiens, en parlant de funky un invité de prestige est sur le dernier morceau de l’album, j’ai nommé George Clinton sur le Warriors Dance Mix de Don’t Stop The Movement.
Certes, l’année 2008 n’aura pas été autant prolifique pour la West que 2007, mais le retour du vétéran aura prouvé que l’underground West est toujours présent dans le game et de la plus belle des façons. Aussi acide qu'un réflexe, Paris nous a donc livré un très bon album, sûrement le meilleur album Westcoast de 2008.
En tout cas, la Maison Blanche n’a qu’à bien se tenir dorénavant.
Note : 17.5/20
Chronique aussi disponible sur le site 2kmusic.com

Cette chronique sera consacrée à un pionner de la Soul music au même titre que Marvin Gaye ou encore Isaac Hayes, j’ai nommé Curtis Mayfield. Natif de Chicago, auteur, compositeur, interprète, c’est en 1956 qu’il créa un groupe avec Jerry Butler, Sam Gooden, Richard Brooks et son frère Arthur Brooks nommé The Roosters qui deviendra par la suite The Impressions avant de ce lancer en solo. C’est en 1972 qu’il atteint son apogé grâce a Superfly après deux premiers albums studio acclamés par la critique : Curtis et Roots.
Superfly est tout simplement la bande originale du film du même nom, une blaxploitation réalisé par Gordon Parks Jr. Le film raconte l’histoire d’un dealer qui souhaite sortir du milieu de la drogue et de finir en beauté en vendant 30 kilos de cocaïne pure pour un montant de 1 million de dollars et partir vivre au soleil, mais la défaillance d’un passeur compromettra l’échange … affaire a suivre.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire la B.O. ne fait pas l’éloge d’un héros et raconte ses mésaventures comme pour Shaft de Isaac Hayes mais parle de thèmes engagés comme sur Little Child Runnin Wild ou Curtis Mayfield raconte l’histoire d’un enfant délaissé par ses parents dans la jungle du ghetto ou le crime est omniprésent, mais aussi sur No Thing On Me (Cocaïne Song) et Freddie’s Dead, un discours moralistes sur les ravages de la drogue. Pusherman raconte l’histoire de ce que l’on appellerait aujourd’hui un « hustler » tout ça sur une instrumentalisation funky. Give Me Your Love est une chanson d’amour parmi temps d’autre mais un album Soul digne de ce nom n’en serait pas un si on ne parle pas un peu d’amour. S’en suit Eddie, You Should Know Better, une suite logique parlant d’amitié tout ça sur une composition des plus magistrales. Entre tout ça ce trouve deux compositions réalisées par main de maitre : Junkie Chase et Think. L’album se termine par le titre éponyme à l’album et merveilleux Superfly.
En conclusion cet album est tout simplement merveilleux, oui mon objectivité est mis de coté cette fois-ci j’en suis désolé mais y’a de quoi être bluffé, que dis-je émerveillé par cet album. Les compositions, l’interprétation, l’écriture sont de hautes qualités. Maintenant nous comprendrons mieux pourquoi cet album fait partie des plus samplés de l’histoire du Hip-Hop… Un album qui s’approche de la perfection malgré sa courte durée. On en redemanderait.
19.5/20

Blu : Le rappeur
Exile : Le Beatmaker
Date de Sortie : 2007
Label : Sound In Color
Bonjour et bienvenue sur la compagnie Blu & Exile Airlines. Le voyage rejoindra musicalité entraînante et poésie urbaine. Vous êtes à bord d’une chaîne stéréo ou d’un baladeur mp3, vous trouverez sous vos sièges un disque de secours qu’il faudra utiliser en cas d’importantes turbulences. En cas de problème autre que ce dernier veuillez suivre la tracklist à l’arrière du disque ou suivre les instructions du livret. Pendant ce voyage vous pourrez admirer le paysage musical du disque.
Quelques minutes plus tard.
Mesdames, Messieurs, veillez a bien accrocher vos ceintures de sécurité, l’avion va bientôt décoller.
L’album commence avec My World Is…. Sur ce titre Blu nous raconte son mode de vie, Exile quant à lui a eu l’audace de nous faire un petit clin d’œil (sûrement par hasard) a nous les frenchies en samplant L’amour est bleu d’André Popp et Pierre Cour.
So(ul) Amazin’ (Steel Blazin) est le premier single de l’album et comme vous avez pu l’entendre, la production d’Exile provoque un sentiment de planitude, cela est sûrement fais exprès vu le titre (cf : Blazin’).
Sur la track In Remembrance Of Me, Blu nous raconte sa vie ses années passées (trop vite), de ses premiers pas sur terre (étant bébé) jusqu'à ces premiers pas sur scène, sa découverte de la musique étant plus jeune …
Sur le titre Blu Collar Workers (le deuxième single), Blu nous raconte en toute simplicité l’histoire de l’homme pressé trop pris par le travail pour rester en compagnie de ses dames, tout ça avec ce phrasé toujours aussi subtile. Suivi juste après par la track Dancing In The Rain, suite logique de la track précédente puisque le thème cette fois-ci est le stress de la vie de tous les jours que beaucoup de monde subit en ces jours rudes, notamment le stress au boulot, et nous dit d’apprendre a se détendre (et pour ceux qui ont l’oreille fine vous aurez remarqué que Blu avait sûrement usé de substances illicites douces en posant sur cette piste), quant au travaille d’Exile sur ce titre, c’est sûrement une de ses meilleures réalisations de l’album, avec cette guitare des plus entraînante mais aussi assez reposante (conseil pratique : à écouter en été sur le sable chaud devant la mer au moment du couché du soleil)
Sur Show Me The Good Life en featuring avec Aloe Jacc et Joseph, ils nous rappellent que la vie est bien trop belle et trop courte et que c’est pour cela qu’il faut en profiter un maximum.
The World Is (Below the Heavens…) rend hommage au titre The World Is Yours de NaS, extrait de Illmatic, et parle des problèmes dans les ghettos, de la jeunesse trop têtue pour comprendre qu’aller dans un gang ne la rendra pas plus importante dans la société mais plutôt l’inverse, par exemple.
Toute la poésie de Blu entre en action et nous fait voyager dans un autre monde mais la magie s’opère aussi grâce à Exile qui avec ses instrumentales nous prouve que ce n’est pas n’importe quel beatmaker mais un producteur de talent. L’un comme l’autre venant de Californie redonnent à cette région une fraîcheur et de nouvelles couleurs dans un genre différent que le style habituel Gangsta Rap/G-Funk tout en gardant la Way Of Life des « WestCoastiens ».
Le seul regret que l’on puisse trouver à ce disque est que ce chef d’œuvre soit passé a travers les mailles du filet de la majorité de nos disquaires et donc de nos platines.
Voila le voyage est terminé, retour a l’aéroport Rap2k.com, j’espère que vous avez pris du plaisir à écouter cet album et que vous referez à l’avenir un nouveau voyage avec notre compagnie.
Merci.
17,5/20

Après 4 ans d’absence et quelques apparitions par-ci par-là ces derniers temps, l’ancien membre des Tony! Toni! Toné! est « définitivement » de retour avec un nouvel album intitulé The Way I See It. Il est nous revient avec un album concept, et pas n’importe lequel, c’est tout simplement un album que l’on peut qualifier de « retour au sources ». Raphael Saadiq nous refait vivre de la plus belle des manières les vingt glorieuses de la Soul (pour rappel : 1950 – 1970) et ce jusqu’à la cover de l’album.
Dès le début on ressent ce coté vintage avec Sure Hope You Mean It où Raphael Saadiq nous démontre qu’avec un tel timbre de voix on peut faire de grandes choses. Comme certains auront pu le remarquer, Raphael Saadiq est un romantique, il court après les femmes et l’Amour avec un grand A, il nous décrit d’ailleurs sa conception sur 100 Yard Dash. Par ailleurs, les chansons d’amour sur cet album ne manque pas, Just One Kiss par exemple, où il nous montre toute l’affection qu’il porte à sa compagne Joss Stone qui est en duo sur ce morceau, puis vient Love That Girl et Calling (en duo avec Rocio Mendoza) où sur cette dernière il dément le proverbe : « loin des yeux, loin du cœur » et que l’amour est toujours possible même si la personne que vous aimez n’est pas au près de vous. Idem pour Oh Girl où les émotions transmises par sa musique sont vraiment exquises pour nos oreilles, de même pour le remix en duo avec Jay-Z même si celle-ci reste moins bonne que l’original. Sur Never Give You Up en duo avec CJ Hilton, Monsieur Saadiq nous raconte son coup de foudre pour une jolie demoiselle, le tout sous les quelques notes d’harmonica joué par un musicien et pas n’importe quel musicien, j’ai nommé le grand Stevie Wonder, de quoi en faire languir plus d’un. Puis, Sometimes restera l’une des plus belles compositions de l’album où il nous fait part de sa vision du monde actuel.
Quant aux titres rythmés comme Big Easy ou il invite les The Infamous Young Spodie & The Rebirth Brass Band, Keep Marchin’, Staying In Love ou encore le très torride Let's Take A Walk nous racontant ses ébats amoureux ; ils sont la bienvenue et nous prouve bien que Raphael Saadiq travaille sur tous les styles différents et excelle réellement dans tout ce qu’il fait.
En fin de compte, ces 4 ans d’attente auront porté ces fruits d’une si jolie manière que cet album restera sûrement ancré au fil des ans dans les mémoires. Raphael Saadiq nous prouve que la perfection est possible à toucher du bout des doigts. Que se soit au niveau du chant, au niveau des paroles ou encore au niveau de la composition, Monsieur Saadiq rayonne de son talent. Le seul regret que l’on peut avoir en écoutant cet album est que certains titres soit bien trop court car le temps n’est jamais trop long pour nos oreilles quand la musique est bonne.
19/20

Le producteur du célèbre duo/trio underground, j’ai nommé : Jedi Mind Tricks, est de retour mais cette fois-ci en solo. Comme l’indique le titre de l’album il y a seulement 10 tracks puisque Deca signifie 10 en grec (un petit peu de culture générale ça ne fait jamais de mal :p).
Stoupe est souvent critiqué pour ne pas avoir assez d’évolution au niveau de ses productions et cet album semble confirmer ce fait, mais est ce réellement un défaut ??
Par cet album, il nous donne effectivement tort et Stoupe confirme son talent grâce a des productions allant de bonnes a excellentes, et ce dès la première piste : Allison James, avec Slaine (membre du collectif : La Coka Nostra) au mic et est sûrement l’une des meilleures tracks de cet opus.
Après cette mise en bouche plus qu’appétissante, vient When The Sun Goes Down : ce beat froid n’est pas mis en valeur à cause d’un « petit » Saigon, plutôt décevant sur cette track mais cela reste quand même du très bon.
Sur Evil Deeds on y retrouve les soldats du AOTP : Demoz, Des Devious, et Jus Allah (JMT). Par ailleurs, ce dernier nous lâche un excellent couplet.
Puis, avec The Truth, une instru sifflotée assez originale, Supastition nous délivre une prestation honorable et cela fait redescendre la pression de l’album.
On relâche un peu la pression 4 minutes avec le morceau That’s Me de Joell Ortiz, un morceau festif qui sort de l’ordinaire pour du Stoupe que l’on connait plutôt comme producteur aux instrumentaux sinistres et glaciaux.
The Torch de King Magnetic et Reef The Lost Cauze (qui soit dit en passant préparent un opus en commun sous le nom de King & The Cauze) donne une impression de déjà entendu, dommage, en vue de la bonne prestation des deux MCs.
On poursuit avec Speakeasy des Outerspace, Stoupe nous lâche un beat assez entraînant.
Puis, sur Transition Of Power les MOP sont en petites forme, un son ne possédant rien de bien détonnant, dommage car la prod est plutôt réussie, et l’on ressent bien la patte de Stoupe.
Independance Day quant à elle, commence par un petit interlude collé au morceau puis Block McCloud reprend les reines et nous offre une bonne petite prestation.
L’album ce termine par une très jolie chanson mélancolique de Lorrie Doriza, registre nouveau dans lequel officie Stoupe, et non sans talent.
Tout le monde l’aura sûrement remarqué, il y a un grand manquant sur cet album c’est bien sur Vinnie Paz. Les connaisseurs de Stoupe et donc du Jedi Mind Tricks, se rendront compte que le producteur du groupe n’est pas au maximum de ses capacités sur cet album, tout en restant d’un niveau plus qu’honorable. Quant aux invités, rien de spécial, des perfs tout à fait correctes mais en dessous de leurs capacités vu le casting de luxe. En conclusion cet album ne nous fera pas oublié le bon mais néanmoins décevant A History Of Violence mais reste dans la même lignée.
15.5/20

Date de sortie : Juin 2001
Label : Shady Records
Certifié : Platine
Retour en 2001, alors que toute la planète est encore sous le choc après la déferlante Eminem grace à son album The Marshall Mathers Lp, ce dernier en remet une couche mais cette fois-ci avec son groupe D12, que l’on a pu découvrir sur Under The Influence, extrait de The Marshall Mathers Lp. Ce groupe fondé entre 1994 et 1998 à Détroit est composé de 6 bonhommes, j’ai nommé : Proof (RIP), Swifty McVay, Bizarre, Kon Artis, Kuniva, et bien sûr Eminem.
L’album commence par encore un AUTRE Public Service Announcement des plus déjantés et qui annonce la couleur: une suite du précédent album d'Em, Marshall Mathers LP. On pourra en effet reconnaître la même vibe que se soit au niveau des productions orchestrées par Kon Artis, Jeff Bass, Eminem et Dr Dre qui n’est jamais très loin, qu’au niveau de l’ambiance toujours aussi délurée, comme le prouvent des tracks comme le single Purple Hills ou encore Blow My Buzz, mais parfois aussi très angoissante comme avec les titres Instigator, American Psycho et ses notes aigues de piano et cette guitare électrique des plus inquiétantes, voire même une ambiance violente comme le titre Fight Music produit par notre bon vieux docteur qui garde toujours un œil sur les réalisations de son protégé. Il produit aussi Revelation.
Mais ne vous inquiétez pas la gente féminine n’est aucunement épargnée avec Pimp Like Me où une voix déjà entendue sur le second opus en major d'Eminem qui n’est autre que celle de Dina Rae, et Nasty Mind en duo avec Truth Hurts (quoique duo est un bien grand mot puisqu’elle ne fait que les fonds vocaux du morceau), deux morceaux ultra machistes. Un autre rappeur est de la partie, c’est le poulain d’Eminem, j’ai bien sur nommé Obie Trice qui nous lache un petit freestyle. L’album finit par une diss track, Girls, envers Dj Lethal, Everlast et Limp Bizkit en bonus.
La particularité des D12 n’oublions pas est d’être « schizophrènes », chacun ayant une double identité. Vous comprenez maintenant pourquoi l’album est à la fois hilarant mais aussi stressant. Cette particularité donne une saveur assez plaisante. Quoi qu’il en soit ceux qui n’ont jamais aimé la vibe d’Eminem ne pourront (je ne pense pas) aucunement apprécier l’album à sa juste valeur, et au contraire, ceux qui n’auraient pas encore jeté un coup d’œil et qui sont fans d’Eminem peuvent se jeter dessus. Cet album est sûrement le meilleur de leur discographie jusqu'à aujourd’hui et pour l’instant leur seul classique.
16.5/20

Date de Sortie : 18 mai 2009
Label : Shady/Aftermath/Interscope
Voila 5 ans ont passé, 5 ans dans l’attente du futur opus d’Eminem. Oui l’attente était énorme puisque cette « Rechute » avait pour but de répondre aux auditeurs déçus par son dernier album nommé Encore. Relapse est alors l’énorme come back tant attendu, le retour aux sources, c’est le grand retour du personnage schizophrène : Slim Shady. Cependant, cela reste assez contradictoire par rapport a ce qu’il disait sur When I’m Gone extrait du Best Of Curtain Call : The Hits :
“I turn around, find a gun on the ground, cock it / Put it to my brain and scream “Die Shady!” and PUMP IT”.
La première chose que l’on peut remarquer sans avoir écouté cet album c’est la cover, ou l’on peut voir sa tête dessiné par des cachets, puis en bas à gauche l’ordonnance du malade prescrite par le plus célèbre des docteurs du Hip-Hop, le chirurgien du beat qu’est Dr. Dre. Souvenez vous pour ceux qui ont acheté The Slim Shady Lp, si vous observez ne serait-ce que l’image sur le CD, on retrouve également un dessin de cachet de médicament, un clin d’œil pour nous remettre dans l’ambiance du rappeur fou.
L’album débute par le très sanglant 3 A.M. de quoi en avoir des sueurs froides, un story-telling qui prend tous son sens en regardant le clip pour ceux qui ne sont pas bilingues, tous comme sur Stay Wide Awake, une ambiance qui en ferait pâlir plus d’un, ce même esprit sombre que l’on retrouve dans l’interprétation dont la technique est vraiment mise en avant. Idem pour Same Song & Dance qui est introduit par l’enlèvement de Tonya (un sketch pour ceux qui n’auraient pas compris), une ambiance hypnotique et soporifique.
D’ailleurs le retour de Slim Shady se fait bien ressentir sur la plupart des tracks comme sur Insane, My Mom, Bagpipes From Baghdad ou encore sur Medecine Ball. Des pistes aussi délirantes et trashy les unes que les autres. On peut remarquer aussi que sur ces titres Em n’a pas perdu sa technique d’antan. Bien sur, ce n’est pas pour autant que Em lâche ses singles pop/rap qui ont toujours amorcé les buzz d’albums (Without Me, Just Lose it ou Ass Like That), We Made You en est d’ailleurs la preuve. Certain diront que c’est un bon single humoristique à la Without Me, et d’autres diront que cette track gâche l’ambiance sombre de l’album. Des avis partagé tous comme pour Crack A Bottle (ou notre bon docteur sample Mais Dans Ma Lumière de Mike Brant) en featuring avec 50 Cent et son mentor Dr. Dre, ce dernier se retrouvant aussi sur le titre Old Times Sake, ou les deux compères nous remémore le bon vieux temps, tout ça sur un instrumental qui rappelle fortement l’époque de 2001.
Puis souvenez vous, notre bon vieux Marshall Mathers avait eu des problèmes de drogue, et bien il nous en fait en grande partie le récit sur le morceau Deja Vu, un morceau des plus émouvants ou Em se confie sur une magnifique mélodie « guitarisé » produit par Dr. Dre. En parlant de production, tout l’album est produit par notre bon vieux Dr Dre à l’exception de Beautiful produit par Eminem en samplant Reaching Out du célèbre groupe de rock Queen. Sur cette piste Marshall Mathers nous parle de ses craintes, de ses peines entre autres et l’on peut remarquer qu’il a toujours gardé cette influence rock des années 70-80 dans ces instrumentaux comme à l’époque de The Eminem Show. L’album ce termine par le grand retour de Ken Kaniff encore un autre clin d’œil a ses premiers opus.
En fin de compte, le grand retour du « gringalet virulent » a été réussi avec succès. On retiendra bien sur la performance d’Eminem tout au long de l’album qui est extrêmement bien aiguisée.
Le seul regret que l’on peut avoir en écoutant cet album c’est le manque de featurings comme les D12, Shady Fam ou encore pourquoi pas Royce Da 5’9”, ainsi qu’au niveau de la production, le manque d’hétérogénéité au niveau de la liste des producteurs. Certes Dr Dre fournit un excellent travail, des prods propres, simple comme il a toujours fait pour Eminem mais des prods de Mr Porter ou encore de Eminem/Jeff Bass n’auraient pas été de refus pour « éclectiser » l’album. Désormais, nous n’avons plus qu’à attendre le second volet de Relapse, une suite qui on l’espère sera aussi bonne que le premier volet.
Note : 17.5/20